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Animation de Communauté : l’atout de la jeunesse (copie de la chronique sur Collaboratif Info)

Mardi, décembre 7th, 2010

Il ne faut pas craindre de confier les clés de l’animation d’une communauté de pratique (Cop) à une jeune recrue. L’expérience prouve que c’est tout à fait réaliste, quand bien même la communauté s’est emparée d’un sujet pointu, lié à la R&D ou à la technique, comme c’est bien souvent le cas. Jouer la carte de la jeunesse présente même de nombreux avantages.

Un regard neuf et l’enthousiasme contagieux du néophyte sont autant d’atouts pour une communauté, qui doit inventer son mode de fonctionnement et susciter l’envie. Contrairement au reste de l’organisation, elle est en effet basée sur le volontariat et met de côté les relations hiérarchiques. La candeur du nouveau venu, qui ignore les bisbilles inter-services, constitue un autre avantage. Elle favorise l’ouverture de la communauté, susceptible d’apporter cette dimension transversale, riche en apport d’idées.

De plus, le nouveau venu n’est pas englué dans la « castration » historique des idées : « on l’a déjà fait, ça n’a pas marché ». Du coup, le groupe peut revisiter des idées différemment ou les remettre au goût du jour. Les évolutions technologiques du secteur et la variété des profils présents dans la communauté rendent possibles de nouveaux scenarii.

Animateur et leader, deux rôles bien distincts

Bien entendu, l’animateur devra travailler main dans la main avec le référent (ou leader), garant de la pertinence des travaux engagés. Mais ce dernier ne peut cumuler les deux casquettes. A chaque fois que cela se produit, le fonctionnement de la communauté s’en trouve dénaturé.

Il s’instaure alors une relation 1 à n, plutôt que n à n. Tous les échanges convergent vers le référant, dont l’autorité sur le sujet risque d’inhiber les autres membres. De plus, ce dernier, dont l’expertise est souvent très prisée, se trouve généralement impliqué sur de multiples projets. Sa disponibilité  pour la communauté s’en trouve affectée et la dynamique qui se met en place freinée par le report des réunions.

L’animateur – ce n’est pas un expert, mais il doit tout de même connaître le métier – va davantage focaliser son énergie sur la réussite de la communauté et recentrer les discussions sur le groupe. Il hésitera moins à poser des questions naïves, comme le ferait un consultant professionnel. Entre parenthèses, celles-ci sont particulièrement utiles en permettant de construire un savoir commun. Les expertises techniques sont en effet souvent fragmentées.

Une mission qui doit s’inscrire dans la durée

Ceci dit, il ne suffit pas d’embaucher un profil externe pour garantir une bonne animation de communauté. L’animateur doit afficher de vraies qualités :  avoir le sens du contact humain et de la dynamique de groupes, mais aussi faire preuve de curiosité et, on l’oublie parfois, de persévérance.

De son côté, l’entreprise doit traduire dans les faits l’importance qu’elle accorde à la communauté. Recruter un stagiaire pour quelques mois n’est pas satisfaisant. Il faut que l’animateur s’installe dans la durée pour que la communauté ait toutes les chances d’atteindre les objectifs qu’elle s’est fixée.

Pour accomplir sa mission, une formation express d’une ou deux journées peut aider à acquérir les bases indispensables, mais la mise en pratique des concepts réclame du temps. Une communauté de communautés, pilotée par un professionnel, se prête bien à cette formation au long cours. C’est en échangeant avec ses pairs et avec le « méta-animateur » sur ses expériences et ses difficultés rencontrées que va se construire un vrai savoir-faire.

Grâce à la Cop, l’animateur va se construire un réseau plus vite que par les voies classiques. De son côté, l’entreprise, en reconnaissant cette fonction, crée une passerelle vers des postes d’encadrement. Souvent les managers sont promus sans s’être faits la main sur l’animation de personnes et de réunions.

Ronan Delisle, dirigeant de la société Stardust Conseil. Il anime également le Club Stardust, espace de rencontres entre professionnels pour échanger et partager des expériences autour des communautés de pratiques.

Retrouvez la chronique sur collaboratif info

Vos remarques, expériences ou avis sont les bienvenus !

Ronan

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Valorisation des communautés

Jeudi, novembre 18th, 2010

5 :  c’est le nombre de règles « d’or » tirées des partages d’expériences des entreprises présentes à la dernière journée du Club consacrée au thème Valorisation des communautés.

A mesure que les communautés gagnent en maturité, la question de leur promotion se fait plus pressante. Deux grands comptes ont décidé, à quelques mois d’intervalle, de leur consacrer pour la première fois un grand événement.

Ce document a été écrit par Olivier Roberget de Collaboratif Info, présent lors de cette journée. Il est donc disponible également sur leur site : www.collaboratif-info.fr

Deux démarches convergentes qui témoignent de l’importance pour les entreprises de renforcer les communautés en leur donnant de la visibilité. Si les formats des deux événements diffèrent quelques peu, il est possible néanmoins de dégager quelques grandes règles.


1. Miser sur l’événementiel pour mobiliser, dialoguer et donner de la visibilité :

Il n’est pas anodin que les deux entreprises aient ainsi choisi la voie de l’événementiel pour accélérer la promotion de leurs communautés. C’est encore le meilleur moyen de les faire connaître auprès de l’ensemble de l’entreprise.

Ce n’est pas le seul intérêt de la démarche. Les bénéfices internes sont tout autant importants. « Le fait d’être attendu à un événement, avec une date butoir, a un effet mobilisateur pour la communauté : elle est amenée à structurer sa façon de travailler et à formaliser ses travaux », souligne Ronan Delisle, dirigeant de Stardust Conseil, société de conseil et de communication qui s’est spécialisée dans l’accompagnement de communautés.

C’est une source de motivation supplémentaire à la fois sur le court terme (il faut être prêt à temps), mais aussi sur le long terme. En investissant dans un événement, l’entreprise témoigne en effet de l’importance qu’elle accorde à ses communautés.

A l’heure du 2.0 et du participatif en ligne, l’événementiel traduit aussi le besoin de rencontres physiques. C’est déjà un fait dans le quotidien des communautés de pratiques. Elles s’emparent régulièrement de questions pour lesquelles l’organisation en place n’apporte pas de réponses. Leurs membres sont régulièrement amenés à se rencontrer pour poser les fondations d’échanges qui se poursuivront en ligne.

Ce besoin de se rencontrer pour bien se comprendre s’applique aussi à la communication de la communauté vis-à-vis de l’extérieur. Surtout si elle aborde des sujets nouveaux et pointus. Le format de l’événement doit donc réserver une place importante au dialogue et à l’interactivité. Séances de questions / réponses ou espaces de rencontre informels, peu importe. L’essentiel est que l’événement soit aussi un lieu d’échanges.


2.Associer les membres des communautés et leurs clients pour fédérer :

D’une façon ou d’une autre, il convient d’associer tous les membres des communautés qui sont parties prenantes dans l’événement. Ce qui implique une vraie logistique. Assurer la promotion d’une demi-douzaine de communautés comptant chacune quelques dizaines de membres, c’est tabler d’office sur un minimum de 200 participants. Il est important d’y associer les « clients » de la communauté.

Si pour une question de places, tous les postulants ne peuvent être invités, priorité doit être donnée aux membres des communautés avant de satisfaire les demandes tierces. L’exercice n’est pas toujours simple, surtout lorsque les requêtes émanent de managers. C’est à l’organisateur de savoir dire non. Ce nécessaire filtrage a le mérite de renforcer le caractère sélect du rendez-vous.

Dans cet esprit, il est important d’obtenir l’appui de quelques sponsors de haut niveau. Pour tous les membres des communautés, c’est un signal fort que leur envoie l’entreprise. Elle reconnaît l’importance de leurs travaux. C’est aussi un bel atout pour la communication post évènement.

Bien entendu, l’idéal est d’obtenir la présence physique de dirigeants de premier plan. A défaut, diffuser un message enregistré d’un sénior vice-président, voir du PDG, est assurément un argument de poids pour crédibiliser l’événement.


3. Inviter des personnalités extérieures à l’entreprise pour benchmarker leurs pratiques et déployer le réseau :

Ce n’est pas parce que la manifestation sert un objectif de promotion interne qu’elle doit être fermée aux intervenants externes. Bien au contraire ! Faire venir des professionnels venant d’entreprises en avance sur le thème de la journée, des profils plus académiques ou des leaders d’opinion contribue à enrichir les débats. Ils apportent leurs expertises et des éclairages nouveaux. Ce qui fait avancer la réflexion au sein des communautés.

L’autre intérêt est de favoriser la constitution de réseaux et, ainsi, d’aider l’entreprise à s’inscrire dans un processus d’innovation ouverte qui englobe de multiples services : la R&D, la fabrication, le commercial, la gestion de la relation client …


4. Remettre des prix pour récompenser et motiver les équipes :

La remise de trophées constitue l’un des moments phares de la journée. C’est aussi un exercice délicat. Mal négocié, il peut générer de la déception, de la frustration et annihiler les efforts déployés pour valoriser les communautés et leurs membres.

Les deux entreprises ont appliqué quelques grands principes qui limitent ces risques. Il est important d’avoir un processus et des critères de sélection, un jury pluridisciplinaire pour s’assurer que la sélection soit faite de façon harmonisée et « fair ». De plus, ce sont les équipes – et non quelques membres en particulier – qui sont distinguées. La personne qui se voit effectivement remettre le trophée est sollicitée au titre de représentant d’un projet au sein de la communauté.

Cette approche collective s’illustre aussi dans la nature des prix, qui n’ont qu’une valeur symbolique. Les distinctions ne s’accompagnent d’aucune promotion ou prime individuelle. L’idée, un temps évoqué chez un des deux grands comptes, d’attribuer une rallonge budgétaire aux communautés lauréates a été abandonnée. Elle présentait plus d’inconvénients que d’avantages.

Il importe également que les règles qui président aux choix des lauréats soient connues et comprises de tous. Les deux entreprises, dont les motivations n’étaient pas exactement les mêmes, y ont répondu chacune à leur façon.

L’une a choisi de formaliser le processus de sélection. Elle a constitué un jury comptant près d’une vingtaine de personnes, ce qui est un gage d’impartialité, et a établi une grille d’évaluation précise pour évaluer les travaux des communautés.

A l’inverse, la seconde entreprise, dont l’objectif de la journée consiste uniquement à valoriser les communautés sans chercher à identifier les plus méritantes, a opté pour une approche plus légère. C’est le public qui votera sur des critères qui restent à définir. Ils pourront porter sur la présentation plus que sur le fond des travaux présentés.


5. Communiquer avant, pendant et après l’événement :

La mise en place d’un événement est un moment fort dans la vie d’une communauté. Elle réclame un surcroît d’investissement de la part de ses membres et aussi de l’entreprise qui va consacrer un effort budgétaire et logistique important. Autant de raisons pour capitaliser sur l’événement et lui donner un maximum de retentissement.

Une première façon de faire consiste à filmer in extenso le déroulé de la manifestation. Cette manière servira à monter des vidéos de quelques minutes qui seront mises en ligne sur l’intranet et intégrées dans les newsletters que diffusent les communautés. Si ces dernières ont réalisé des livrables spécifiques pour présenter leurs travaux (animation Flash, vidéo de démonstration…), ces matériaux seront bien entendu réexploités.

Le recours à la vidéo est l’un des moyens privilégiés pour renforcer l’impact de l’événement. Non seulement ce format est l’un des plus percutants (l’association d’images et de sons augmentent de manière significative le pourcentage de chances qu’un message soit retenu), mais il est de plus en plus prisé en entreprise.

Le bénéfice est double : les participants à l’événement qui consulteront les vidéos vont s’approprier plus finement les discours, mais les communautés toucheront aussi des collaborateurs qui ne prendraient jamais la peine de lire les rapports d’avancement des travaux.

C’est ainsi que deux équipes d’un grand compte, distantes de quelques milliers de kilomètres, ont découvert fortuitement, via une connexion improbable, qu’elles travaillaient sur un même sujet.


La prochaine journée du Club sera consacrée aux techniques d’animation


pour plus d’information

Club Stardust

Ronan Delisle : +33 6 50 83 37 92

r.delisle@stardust-conseil.com

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Et si le profil de l’animateur de communauté n’était finalement pas celui d’un créateur d’entreprise ?

Mercredi, février 3rd, 2010

Il m’arrive souvent d’être sollicité par les entreprises sur la question du profil type, l’oiseau rare, ou les critères de casting d’un bon animateur de communauté de pratique.

Les RH sont parfois perdues dans l’élaboration de fiches de postes de ces nouveaux métiers un peu hybrides.

L’animateur doit-il être le référant sur le sujet, histoire d’asseoir sa légitimité sur le groupe ? Je ne pense pas. Le risque est trop grand de brider le groupe dans sa participation active. Proposer un espace où l’erreur et le doute sont permis, dans lequel il est possible de dire des grosses bêtises, ça ne va pas forcément de pair avec la présence, parfois pesante du référant indéboulonnable sur le sujet depuis des années dans l’entreprise. Pour autant, celui-ci doit jouer son rôle au sein de la communauté, histoire qu’elle aussi reste crédible et légitime sur le sujet.

Quand la question se pose dans des communautés plutôt R&D dans lesquelles référant = expert, ça ne va pas en s’arrangeant, surtout si l’on souhaite confier aux communautés le soin de faire de l’innovation de rupture, nécessitant de penser “out of the box” comme on aime à dire, et d’emprunter des chemins nouveaux aussi exotiques qu’improbables. L’envie est alors trop tentante, trop ancrée dans nos gênes et notre façon de penser, de tuer une idée nouvelle avant même de lui avoir donné sa chance. Cette “castration’ se fait le plus souvent de manière inconsciente, par une personne d’ailleurs persuadée de faire l’inverse.

Non, le référant est indispensable, mais il doit trouver sa place ailleurs dans le groupe, plus comme un garant des axes empruntés par la communauté, et qui servira de caution et de légitimité face au reste de l’entreprise, notamment de la direction.

L’idée paraît alors tentante de confier l’animation à un profil plutôt porté sur la dynamique humaine, les relations, et d’assurer avant tout le maintient d’une cohésion, une envie et une confiance indispensables à l’épanouissement de chacun au sein de cette communauté. Un profil facile à détecter, c’est la personne que tout le monde connaît et apprécie, qui passe volontairement du temps de bureaux en bureaux, qui répond toujours présent à une initiative dès qu’elle se présente. Il ne sera jamais bien loin de l’organisation d’un pot surprise pour un départ, un anniversaire ou toute autre occasion de se retrouver ensemble. Regardez du côté de la cafet’, rares seront les repas qu’il passera seul, et son déjeuner sera rythmé par des paires de mains, des gens qui s’arrêteront à sa table leur plateau à la main pour l’interpeller. Une fois sur deux, ça se terminera par un éclat de rire voire une tape dans le dos, pour ceux capables de tenir leur plateau d’une seule main.

Oui ce profil, difficile à décrire sur une fiche de poste, me semble être l’oiseau rare de cette bonne dynamique de groupe. A tel point qu’un nouvel arrivant (jeune ou moins jeune) peut par ce rôle mettre le pied à l’étrier et projeter toute sa fougue et sa jeunesse dans cette aventure, tout en accélérant la construction de son réseau personnel. Une personne encore vierge des “c’est pas possible on a déjà essayé”, “ça marchera pas”, “laisse tomber”, “j’ai pas le temps” qui sont sans doute les pires fléaux d’une communauté. Le genre de personne infatigable qu’on a tous connu dans notre jeunesse, celui qui levait les troupes pour faire un foot, une cabane, ou une pièce de théâtre alors que tous avaient succombé à l’appel du canapé. Ce genre de profil un peu fatiguant parfois, mais qui, au final, permet les plus belles choses et construit nos meilleurs souvenirs.

Mais est-ce suffisant. Pas encore… En effet, avec ce profil, rien n’indique qu’au-delà de cette bonne dynamique, il sera capable de projeter le groupe, de l’emmener vers… En d’autres mots, l’amener à créer, à croire que tout est possible alors que rien n’est fait et finalement, par le fait de créer et d’imaginer, d’enclencher dès maintenant la transformation de l’entreprise dans ce qu’elle a de plus profond, sa culture et ses mentalités de travail. Là on parlera plutôt d’un profil de type leader, le genre de personne à qui, plus on dit que c’est impossible, plus il se motivera à le faire. Un profil indispensable à l’entreprise qui souhaite évoluer, se transformer, et qui pour cela a besoin, en son sein, de détracteurs, de révolutionnaires, prêcheurs d’une forme de désobéissance qui changera le modèle et amènera l’entreprise à se remettre en cause pour avancer.  Tout simplement parce qu’une entreprise ne peut pas changer si elle ne souhaite rien changer…

Du coup notre oiseau rare = Référant + Animateur de Groupe + Leader visionnaire

Une sorte de mouton à cinq pattes, de licorne à tête de sphynx.

Et puis me vient un parallèle, que je n’avais pas perçu jusqu’ici. Est-ce qu’on n’est pas en train de décrire le profil type du créateur d’entreprise finalement ? Celui capable d’embarquer une équipe sur un chemin qui reste à construire, avec une légitimité sur le sujet et suffisamment de vision pour tendre vers… et surtout une force de conviction pour transformer les obstacles et objections en autant de carburant pour avancer ?

Du coup, vous me direz, ce genre de profil est par définition en dehors des murs d’une grande entreprise, vu qu’on le retrouve le plus souvent à créer la sienne. Et c’est là qu’il y a finalement une piste. En effet, dans ma vie d’avant, celle justement des grandes entreprises (avant de créer la mienne) combien de collègues j’ai pu rencontrer qui partageaient cette même envie, ce même désir, mais qui n’ont pas osé franchir le pas. L’entreprise en est pleine, et leur confier cette aventure est sans doute pour eux l’occasion de se lancer (quitte à les perdre après, mais ça vaut sans doute le coup au regard du travail qu’ils auront déjà entrepris) ou alors de les réconcilier enfin dans ce dilemme qui en ronge plus d’un : vivre l’aventure  d’un créateur sans la prise de risque.  Et c’est peut-être là qu’il y a une belle carte à jouer pour les grands groupes qui cherchent souvent à offrir un terrain de jeu épanouissant pour ces profils, que certains appellent parfois les High Po (High Potential).

Tiens… ceux ne sont pas les RH qui gèrent ce type de programme ?

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Pourquoi l’entreprise 2.0 ne marche pas (encore…)

Vendredi, janvier 29th, 2010

« Que de fois il arrive qu’en croyant expérimenter sur autrui nous expérimentons en réalité sur nous-mêmes ! »
Oscar Wilde (citation proposée par Fabrice de Rhodia en réaction à ce texte) J’aime beaucoup et je me devais de le rendre à Cesar…
- La tentation, prise par beaucoup, de répliquer l’attirail technologique du Web 2.0 dans les murs de l’entreprise en pensant que les usages de la toile suivront, a très vite montré ses limites, parfois même dans la douleur.
- On invoque alors le mauvais choix d’éditeurs, la mauvaise méthode de déploiement, un manque d’ergonomie, on parle même d’un conflit de génération entre les X et les Y, et si finalement la cause n’était pas plus simple que cela ?
- Il suffit de vous prendre vous même en exemple : avez vous envie de partager vos hobbies, vos photos, vos centres d’intérêts avec le reste de l’entreprise ? Pas sûr.
- Vous sentez vous prêt à partager vos problèmes sur un domaine pour lequel cette dernière vous a embauché ? Pensez vous pouvoir parler librement de sujets parfois sensibles ? Etre vous prêt à rendre visible votre temps passé à alimenter votre blog ou participer à une démarche d’innovation participative alors que le dépot de brevet est individuel ? Pensez vous venir en aide à une personne que vous ne connaissez pas et qui ne dépend pas de votre direction et donc de votre responsable ? encore moins sûr.
- L’idée de faire de l’entreprise un lieu de partage ne date pas de l’entreprise 2.0. les évolutions technologiques se suivent depuis plus de 15 ans et pourtant le problème reste posé.
- La raison n’est-elle finalement pas en amont ? Avant de parler d’outils, ni même d’usages, il faut comprendre que le contexte, les relations et intérêts ne sont pas les mêmes au sein de l’entreprise. Pour qu’il y’ai collaboration il faut avant toute chose qu’il y’ai l’envie et la possibilité de le faire.
- Pour construire l’entreprise 2.0, il faut donc comprendre les fondations « 1.0″ sur lesquelles ont souhaite le faire et avant toute chose ce qui empêchera cette collaboration
- En regardant au delà des outils et mêmes des méthodes, on découvre alors des chemins nouveaux et inédits, parfois complexes mais nécessaires pour lever ces blocages.
- Pour prendre conscience, analyser, construire et expérimenter cette approche nouvelle tant sur les problèmes que les solutions, l’idée du club était de faire emprunter ensemble ces chemins nouveaux par plusieurs responsables de ces sujets en entreprise.
- Lui-même monté en communauté de pratique, le club permet aux membres de se confronter eux mêmes aux réalités de ces démarches. C’est ce qu’ils ont baptisé l’effet miroir.
- Ici on peut se tromper et on se sent en confiance pour le dire. Et ça, c’est déjà un principe fondamental à mettre en place dans l’entreprise de demain.
- On peut également expérimenter plusieurs outils, car nous le faisons à partir d’un besoin exprimé par les membres et non l’inverse.
- Ces sujets ne s’apprennent pas, ils se pratiquent : l’approche permet donc cette prise de conscience collective et offre un terrain libre à l’expérimentation de solutions parfois nouvelles ou décalées. En les testant au sein du club, on se sent plus à l’aise pour les déployer dans son entreprise. On peut parler alors d’auto apprentissage.
- Comment à partir de là, re cascader cette démarche en entreprise, pour qu’elle se développe en nénuphars ? Cette toute le cycle d’apprentissage collectif, imaginé par le club et permettant, à partir d’une situation vécue par un membre en entreprise, d’analyser la cause à ce problème, imaginer et tester les solutions au sein du club et les redescendre en entreprise pour les confronter à la réalité des terrains opérationnels et ainsi les améliorer continuellement.

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